dimanche 21 octobre 2007

Guide du recycleur (Québec)

Coïncidant avec la semaine québécoise de réduction des déchets, Polysphère a présenté un kiosque à l’emplacement de l’îlot de recyclage au 6e étage du pavillon Lassonde. L’objectif de ce kiosque était d’informer les gens sur ce qui se recycle et ce qui ne se recycle pas à Poly, ainsi que sur ce qui advient des objets laissés à l’îlot.

Que peut-on déposer dans l’îlot de Lassonde ? En plus du papier, carton, verre, plastique et métal habituel, on peut y déposer les CD, les lunettes, les cartouches d’encre d’imprimantes, les piles et batteries, les téléphones cellulaires (et composantes connexes comme piles et chargeurs) et le matériel informatique. Qu’advient-il de tous ces objets ?

Les CD

Les CD sont des multicouches de matières constituées à 99 % de polycarbonate, un dérivé du pétrole à haute valeur ajoutée qui peut être réutilisé. Leur surface est recouverte d’une couche d’aluminium réfléchissant, elle-même protégée par une pellicule de plastique transparent portant l’étiquette imprimée. Les CD recyclés servent à fabriquer des boîtiers d’imprimantes, d’ordinateurs, d’appareils électroménagers, des composants d’automobiles, etc.

Les lunettes

Les lunettes récupérées ont leur dioptrie évaluée par la Clinique universitaire de la vision de l’UdeM et sont envoyées dans des pays en voie de développement pour réutilisation. Il est conseillé d’emballer les lunettes avant de les déposer pour éviter de risquer de les abîmer.

Les cartouches d’encre d’imprimantes

Les cartouches sont triées par modèle puis vendues en lot au recycleur le plus offrant. Les recycleurs nettoient, changent les pièces défectueuses et refont le plein des cartouches pour ensuite les remettre sur le marché, ce que l’on appelle des cartouches réusinées. Certaines cartouches peuvent être recyclées plusieurs fois dépendamment de la méthode utilisée. Les cartouches d’imprimante laser ou de photocopieur (« toner ») ne sont pas acceptées à l’îlot mais ailleurs dans l’école, soit au B-265.15, au A-629.2 ou au A-455.

Les piles et les batteries

Les batteries (accumulateurs) au plomb sont acheminées à un récupérateur qui se charge de les recycler. Les piles quant à elles sont acheminées dans un point de dépôt municipal (un des Éco-centres de Montréal) puis triées en deux catégories : rechargeables et non rechargeables. Pour les piles rechargeables, le programme « Recycle » de la Société canadienne de recyclage des piles, plus connue sous l’appellation anglaise Rechargeable Battery Recycling Corporation (RBRC), prévoit la récupération par retour à un point de vente affilié ou à un point de dépôt d’une municipalité affiliée. Les piles rechargeables collectées dans le cadre du programme de la RBRC sont envoyées à un centre de consolidation situé à Fort Érié en Ontario, avant d’être acheminées vers les installations de l’International Metals Reclamation (INMETCO) en Pennsylvanie (É-U) pour le recyclage des métaux.

Les piles non rechargeables sont traitées de manière sécuritaire par des entreprises spécialisées dans la stabilisation et le placement dans une cellule d’enfouissement sécurisée et contrôlée, afin d’éviter la contamination de l’environnement. Il existe des procédés de recyclage pour les piles non rechargeables, mais aucune entreprise au Québec ne s’en occupe, alors on ne fait pour le moment que promouvoir leur stabilisation, ce qui représente un moindre mal. La meilleure solution est évidemment d’utiliser des piles rechargeables, qui en plus de servir plusieurs fois, sont recyclables au Québec.

Les téléphones cellulaires et composantes connexes

Environ 60 % des cellulaires recueillis sont remis en état et revendus et les autres seront recyclés. Les piles rechargeables sont également recueillies et revendues ou recyclées. Les fonds récoltés servent à la réinsertion au travail de personnes ayant eu des problèmes d’alcool, de drogue, de médicaments et de jeu. (www.iforum.umontreal.ca/Forum/ArchivesForum/2004-2005/050613/article4822.htm)

Le matériel informatique

Le matériel le plus récent est remis en état par une entreprise d’insertion sociale qui collabore au programme Ordinateurs pour les écoles du Québec. Ces ordinateurs sont distribués à bas prix aux écoles et aux organismes à but non lucratif ou vendus à des entreprises privées et à des individus. Le matériel jugé désuet sera acheminé dans un Éco-centre de Montréal où les composantes empruntent différents chemins de récupération. Vous êtes fortement invités à visiter le site d’Enviropoly (www.polymtl.ca/enviropoly/vivre/recycler.php) qui comporte toute l’information sur les formes de recyclage présentes à Poly.

* * *

Quelques questions posées à Recyc-Québec, organisme gouvernemental qui coordonne des activités visant la mise en valeur des matières résiduelles :

Comment peut-on être certain que ce que l’on dépose dans nos bacs est réellement recyclé ?

Papier, carton, verre, plastique, métal, ... toutes les matières résiduelles que vous mettez à la récupération constituent la matière première de l’industrie du recyclage. Pourquoi seraient-elles jetées alors que l’industrie a besoin d’en avoir encore davantage pour augmenter sa productivité ?

Doit-on enlever les étiquettes sur les boîtes de conserve et les cruchons avant de les déposer dans le bac ?

Non. L’industrie du recyclage a beaucoup évolué. Voici d’autres petits trucs utiles :

* Appelez votre municipalité pour savoir si vous devez déposer séparément le papier du verre, plastique et métal dans votre bac.

* Rincez légèrement les contenants avant de les déposer dans votre bac (question d’hygiène pour vous et pour les travailleurs des centres de tri). * Laissez les broches sur les feuilles, le plastique sur les enveloppes, etc.

* Enlevez les bouchons et déposez-les séparément de leur contenant dans le bac.

* Aplatissez les boîtes de céréales, de mouchoirs et autres boîtes de carton pour les déposer dans votre bac. Vous gagnerez ainsi plus d’espace dans votre bac.

Pour obtenir davantage de renseignements sur la collecte sélective, rendez-vous sur le site internet de Recyc-Québec à l’adresse http://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca.


Source: Polyscope, Hugues Imbeault-Tétreault

vendredi 24 août 2007

Hydrogène et pile à combustible

Une démarche axée sur le développement durable

Comment produit-on l'Hydrogène ?

Près de 80 % de l’H2 produit proviennent du reformage du gaz naturel : ce procédé est le plus répandu car il est relativement facile à mettre en oeuvre à grande échelle et économiquement avantageux. En effet, la molécule de méthane CH4 mélangée à de l’eau et portée à haute température produit de la chaleur, de la vapeur, du CO, du CO2 et de l’H2.

Le monoxyde de carbone (CO) le dioxyde de carbone (CO2) ainsi que l’association d’H2 et de CO sont commercialisés auprès de l’industrie chimique pour la fabrication des polycarbonates et des polyuréthanes (utilisés, par exemple, pour les mousses de garnissage dans l’ameublement et dans l’automobile), ce qui contribue à optimiser l’efficacité industrielle et à minimiser les rejets de CO2. Des procédés d’épuration permettent selon les besoin d’obtenir de l’H2 pur. L’obtention d’H2 par électrolyse de l’eau est une alternative très consommatrice d’énergie électrique, adaptée souvent à la production de petits volumes ou proche de sources hydroélectriques à bas coût.

Principales applications

L’application de loin la plus importante et dont la croissance est la plus rapide, est la désulfuration des carburants automobiles, conformément aux réglementations en vigueur dans de nombreux pays,

L’industrie pétrochimique (plastiques, détergents, peintures) nécessitant de très grandes quantités, l’approvisionnement est réalisée dans ce cas là, par pipeline,

L’électronique, le traitement thermique des métaux, le polissage du verre, la fabrication du verre plat et l’hydrogénation des huiles comestibles font également appel à l’hydrogène qui est cette fois-ci approvisionné compressé ou liquéfié, par camion ou bouteilles, ainsi que par de plus petites usines,

Dans le spatial, l’hydrogène est le vecteur énergétique le plus efficace employé dans la propulsion des fusées et navettes,

L’hydrogène est vecteur d’énergie lorsqu’il alimente une Pile à Combustible qui produit de l’électricité de manière propre et silencieuse (ne rejetant que de l’eau). Cette source d’énergie est appelée à d’importants développements à moyen et long terme.

Le procédé inverse de l'électrolyse

La Pile à Combustible fonctionne selon le procédé inverse de l'électrolyse. Elle restitue de l'eau à partir d'hydrogène et de l'oxygène de l'air en produisant de l'électricité et de la chaleur. A l'inverse, l'électrolyse dissocie l'oxygène et l'hydrogène de l'eau en consommant de l'électricité. Cette réaction non polluante (la pile ne produit que de l'eau) est obtenue dans chacune des cellules de base qui sont associées pour constituer un module d'énergie de la puissance souhaitée : le stack. Cette technologie est aujourd'hui la seule à même d'être Zéro Emission, sans production de CO2.

L'attrait pour les Piles à Combustible est justifié par leurs nombreux avantages :

De hauts rendements énergétiques : le rendement net électrique d'une pile varie entre 30 et 70 %,en comparaison, celui d'un moteur à combustion est en moyenne de 20 %,

De faibles niveaux sonores : seuls certains organes comme le compresseur, le système de ventilation produisent un léger bruit. Les émissions sonores sont très faibles de l'ordre de 40 à 50 dB à 1m, ce qui autorise donc par exemple une utilisation la nuit,

Modularité : la pile est constituée de cellules élémentaires mises en série et en parallèle pour obtenir le couple tension-intensité désiré.

La Technologie Pile à Combustible d'Axane

Autour d'une plate-forme technologique modulaire unique selon les besoins de ses clients, Axane développe sa gamme de Piles à Combustible de type PEM (Proton Exchange Membrane). Cette plate-forme est destinée à des usages multiples et se décline en une gamme de produits diversifiés. Trois sont dores et déjà disponibles : un générateur portable, un générateur stationnaire et un générateur intégrable. Tous les produits fonctionnent à partir d'Hydrogène gazeux standard disponible dans les centres d'approvisionnement Air Liquide ou livrable sur site.

Les systèmes de production d'énergie de type Pile à Combustible alimentés en hydrogène sont des solutions majeures mentionnées dans les programmes de la Commission Européenne.

Non polluante et silencieuse, pouvant se décliner dans une large gamme de puissance, la Pile à Combustible, en particulier de technologie PEM (Proton Exchange Membrane), alimentée en Hydrogène, est le « générateur d'électricité » indispensable pour les transports publics, les applications stationnaires, mobiles ou intégré dans un système, dès lors que le respect des contraintes environnementales devient une priorité.

Source : Air Liquide, Axane

mercredi 23 juin 2004

Lutte contre les maladies liées à l'environnement

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a entrepris mercredi à Budapest de mettre sur pied un plan d'action contre les maladies liées à l'environnement qui, selon une étude récente, tuent chaque année 5 millions d'enfants dans le monde.

En Europe et en Asie centrale, plus de 100.000 décès prématurés d'enfants par an sont attribuables aux effets à long terme de la pollution atmosphérique, en particulier aux particules émises par les moteurs diesel et à l'ozone, selon cette étude présentée lors d'une conférence régionale de l'OMS à laquelle participent jusqu'à vendredi 1.000 délégués de 52 pays.

Un décès d'enfant ou d'adolescent sur trois en Europe et en Asie centrale sont liés à la diffusion de polluants dans les sols, dans l'eau et dans l'air, à leur accumulation dans l'alimentation et à leur présence dans de nombreux produits de consommation courante, estime l'OMS.

"La santé publique, telle que nous la connaissons, est en train d'être redéfinie et les facteurs environnementaux deviennent de plus en plus importants", a déclaré le directeur-général-adjoint de l'organisation, Kerstin Leitner, lors d'une conférence de presse.

"Ces facteurs sont particulièrement importants pour les enfants car nous savons que la santé d'un adulte est largement déterminée dans son enfance", a-t-il ajouté.

Ainsi, plusieurs hôpitaux européens utilisent des matériels en plastique PVC extrêmement toxiques, notamment dans des services pour prématurés et nouveaux-nés, affirme un autre rapport publié par un réseau d'ONG à la conférence.

L'étude du "Health care without harm" ("Pour des soins de santé inoffensifs") est fondée sur des matériels que cette organisation non-gouvernementale affirme avoir testés en avril dans des hôpitaux de sept pays européens (Autriche, République tchèque, France, Allemagne, Pologne, Espagne et Suède).

Sur les 48 matériels testés, 39 étaient en PVC et contenaient des phtalates, un groupe de substances déjà testées sur des animaux et considérées comme toxiques pour la reproduction ou à l'origine de malformations, voire cancérigènes pour certaines d'entre elles.

"Health care without harm", dont le siège est à Washington qui affirme regrouper 375 groupes et associations dans 40 pays, rappelle que l'Union européenne (UE) a déjà interdit les phtalates dans certains jouets et dans les produits de beauté.

L'ONG accuse l'industrie chimique de bloquer les efforts de l'UE pour étendre cette interdiction aux matériels médicaux lorsqu'il existe déjà une alternative sur le marché.

Le ministre hongrois de l'Envrionnement, Miklos Persanyi, a suggéré de faire payer les industries polluantes mettant en danger la santé des enfants.

"Les pollueurs doivent être les payeurs ou alors c'est nous qui paierons le prix", a-t-il déclaré. "De nombreux industriels pensent que les coûts liés à l'environnement constituent des dépenses somptuaires rognant leur compétitivité", a-t-il ajouté. "Je puis leur assurer que ces sommes sont investies à bon escient dans la santé de nos enfants".


Source: AFP Budapest

mardi 23 mars 2004

Réduire les calories prolonge la durée de vie

Il n'est jamais trop tard pour se serrer la ceinture: une souris qui freine sur les calories, même à un âge avancé, peut espérer vivre plus longtemps que ses congénères. D'après une étude américaine, une alimentation moins riche influencerait la longévité des petits rongeurs - et peut-être celle des hommes - même si elle n'est adoptée que tardivement.

Cette étude, publiée cette semaine dans les Annales de l'académie des sciences américaine, montre en effet que des souris de 19 mois - l'équivalent de 60 à 65 ans chez l'homme - soumises à des restrictions caloriques sont en meilleure santé et vivent jusqu'à six mois de plus que leurs compagnons qui mangent normalement.

D'autres scientifiques avaient déjà montré que des souriceaux soumis à un régime faible en calories vivaient beaucoup plus longtemps que les autres. Mais cette nouvelle étude permet de penser que les effets sont ressentis même lorsque les restrictions sont tardives.

Stephen Spindler, le chercheur de l'Université de Californie qui a dirigé les recherches, reconnaît qu'il n'y a encore que peu de preuve que des régimes moins riches en calories puissent prolonger la vie chez l'homme. Mais si c'était le cas, "cela voudrait dire plus d'années, et beaucoup de bonnes années. Les souris au régime vivent plus longtemps et elles sont en meilleures santé". L'étude a également montré que les tumeurs cancéreuses, qui sont fréquemment à l'origine du décès des souris âgées, se développaient moins rapidement chez les rongeurs au régime.

L'étude ne doit toutefois pas encourager les souris à attendre pour se mettre au régime. Les effets des restrictions caloriques sur les rongeurs âgés restent moins importants que ceux des régimes entamés dès la naissance: les souriceaux peuvent ainsi atteindre l'âge de quatre ans, près de deux fois l'espérance de vie d'une souris normale et plusieurs mois de plus que les souris de la dernière étude.

Aussi, résume Stephen Spindler, mieux vaut adopter une alimentation équilibrée toute sa vie, bien que les retardataires puissent eux aussi espérer des bénéfices.

Les chercheurs ont également constaté des changements dans l'action des gènes des souris au régime, explique Stephen Spindler. Il pourrait s'agir, selon lui, d'indicateurs de la façon dont les réductions caloriques agissent sur l'extension de la durée de vie. "Cela fait 30 ans que l'on cherche les marqueurs biologiques des changements qui interviennent dans le processus de vieillissement", souligne-t-il. Or cette nouvelle étude laisse penser que les chercheurs pourraient découvrir ces marqueurs.

De là à rêver à l'invention de la pilule qui retardera le vieillissement, il n'y a qu'un pas. "Je suis sûr que ce jour viendra", dit Stephen Spindler.

Source: AP, WASHINGTON

lundi 8 décembre 2003

Conférence de Monsieur Charles Caouette (2003)

« Charles Caouette, avant tout grand humaniste, est professeur en psychologie de l'éducation à l'Université de Montréal. Conférencier très recherché, il est reconnu internationalement pour ses travaux et ses positions sur l'enfance inadaptée, le décrochage, l'éducation en milieu défavorisé et, enfin, le mouvement alternatif en éducation. En 1974, il fondait l'école alternative Jonathan, pionnière des écoles publiques alternatives au Québec. »

De plus en plus de parents et d'enseignants se questionnent sur les enjeux et le devenir de l'éducation. En quoi le système éducatif alternatif saura répondre plus adéquatement aux besoins et aux aspirations des familles qui ont choisi cette voie plutôt que le circuit traditionnel ?

C'est sur ce thème qu'est intervenu Charles Caouette à la Fourmilière samedi 26 novembre 2003 en matinée, au cours d'une conférence unanimement appréciée par l'assistance. Avec beaucoup d'humour, il a su captiver son auditoire et a confirmé sa réputation de grand conférencier en s'aidant d'une estrade pour compenser sa modeste taille.

Soulignant d'entrée les besoins de réalisation psychologique de chaque individu : trouver et donner un sens à sa vie, rechercher un sentiment profond et stable d'unité intérieure, se sentir en relation et en harmonie avec les autres hommes, il précise que l'école, loin de répondre à ces besoins de transcendance (ce qui devrait pourtant être sa vocation) les occultent et pousse plutôt les jeunes soit au décrochage, soit à la résignation. Rapports artificiels d'individualisme, de compétition, voire d'intolérance relative, exclusion, marginalisation... Ce manque de vision globale dont l'école fait preuve, traduit une philosophie incohérente et une absence de regard critique sur les bouleversements actuels de la société, ce qui entraîne des réponses inadéquates aux défis auxquels elle est confrontée.

Le Québec détient le triste record des pays développés de suicide chez les jeunes, le taux alarmant de décrochage scolaire (50% d'abandon avant le sec.V, 30% du personnel enseignant frappé de découragement) remettent particulièrement le système pédagogique actuel en cause, car il s'appuie sur l'uniformisation de l'éducation, l'indifférenciation des individus et créé un fort sentiment d'anonymat et de dépersonnalisation chez les jeunes.

Le type d'évaluation actuel des élèves, tel qu'il est appliqué dans les établissements publics traditionnels, entretient l'illusion que le contenu est acquit durablement, alors qu'il est largement reconnu que ces connaissances sont fixées très peu de temps dans la mémoire à court terme des élèves, avant d'être oubliées rapidement en grande partie.

Il faudrait, pour qu'une pédagogie appliquée soit efficace, que les enseignants s'adaptent aux cycles naturels d'apprentissage des enfants et non l'inverse qui consiste actuellement à essayer de programmer, de formater les enfants en leurs imposant une discipline d'apprentissage contraignante, un environnement inadapté à leurs besoins qui étouffe leur créativité et leur spontanéité. Mais, pour les enseignants, c'est peut être déconcertant, voire déstabilisant de remettre leurs pratiques et leurs certitudes en cause, d'accepter d'introduire une part d'improvisation, de lâcher prise pour leur permettre d'observer les enfants plutôt que les diriger, car ce processus ne suit pas forcément la logique linéaire et rigide du programme scolaire établi, ni du mode d'évaluation du système pédagogique classique, c'est une des raisons principales qui font que le statu quo est si durable face aux causes du problème qui sont pourtant clairement identifiées.

Pour le conférencier, la multiplication des réformes ne fait que tranquilliser le législateur sans pour autant s'attaquer à l'essentiel du problème : c'est à l'application de nouvelles valeurs, de nouvelles attitudes que l'école et plus particulièrement le système éducatif doit s'attacher à instaurer et promouvoir.

Se servant de la parabole des dominos, selon laquelle il suffit de mettre la première pièce en mouvement pour que les autres enchaînent l'action, le conférencier estime que les Êtres humains doivent se relever, se tenir debout, chaque effort sera important et nécessaire afin de faire évoluer la situation

La mission de l'éducation devrait être consacrée à la formation d'être humains autonomes, libres, conscients et engagés, responsables de leur vie et non pas seulement orientée vers les seuls besoins immédiats de l'industrie et du marché de l'emploi, comme c'est trop souvent le cas, malheureusement. Et ce désir de vouloir changer la société pour un monde meilleur n'est pas plus du domaine de l'utopie, que la volonté de vouloir conserver celle-ci dans l'état actuel de crainte, d'injustice qui gouverne les relations entre les humains !

Dans le monde, beaucoup de jeunes se cherchent une mission, ce qui peut amener ceux-ci à s'investir dans des causes parfois extrêmes. Les adolescents ressentent avec une intensité particulière ce sentiment et souvent, leurs révoltes constituent l'expression d'un puissant désir de participer à la construction de leur société. Cette manière de s'affirmer témoigne de leur besoin de communiquer coûte que coûte, de prendre la place qui doit leur être réservée. C'est dans un tel contexte de carences d'idéaux, de manque de projets de société, que s'insère le quotidien des jeunes générations actuelles, aggravé par un certain fatalisme cynique ambiant, de plus en plus astreint à la logique implacable de la rentabilité immédiate.

Dans ce domaine, l'école alternative représente la réponse idéale. Elle s'adapte avec beaucoup plus de souplesse au contexte éducatif elle personnalise l'intervention en étant davantage centrée sur l'enfant, elle favorise l'initiative et la créativité, suscite la motivation intrinsèque et l'intégration des savoirs.

Les écoles alternatives favorisent l'autonomie tout en soulignant les responsabilités individuelles et collectives de l'élève au sein de la communauté et le prépare à la nécessité de cohérence et de planification qui doit caractériser ses actions. Le but ultime de leur mandat n'est pas seulement de faire de nos enfants des consommateurs satisfaits et quelques peu silencieux du système dans un proche avenir, mais au contraire de devenir les bâtisseurs d'une nouvelle société, celle-là même qui saura s'approprier le pouvoir collectif qu'il est urgent d'exercer ici et maintenant, sans plus attendre.

Les écoles alternatives qui sont intégrées au système public d'éducation ne doivent pas se fondre dans l'ensemble, mais au contraire cultiver leurs différences : en entretenant leur caractère spécifique elles se doivent, au contraire, d'être dérangeantes afin de susciter le questionnement et la prise de conscience à tous les niveaux du système pédagogique.

Il est sans doute pertinent de se questionner sur la nature de nos relations avec nos enfants et sur les priorités des besoins communs favorables à une croissance harmonieuse : l'absence de relations significatives entre jeunes et adultes et entre adultes eux-mêmes, la poursuite effrénée du bien être matériel responsable de l'éclatement d'une certaine stabilité de la cellule familiale n'a t'elle pas lentement provoqué une carence de communication et une dangereuse perte de contact affectif ?

Il est de l'intérêt des adultes de prendre en charge leur destinée et de ne plus laisser les autres individus prendre les décisions à leur place (M. Caouette a cité les taux préoccupants de participation aux dernières élections scolaires) il est d'autant plus urgent pour les parents responsables de montrer l'exemple d'adultes cohérents, critiques, attentifs et toujours prêts à s'investir pour une bonne cause dans la société, dans le domaine communautaire ou humanitaire.

En résumé, pour responsabiliser un enfant, il faut lui laisser une réelle autonomie, en lui permettant d'expérimenter et de maîtriser les responsabilités, les droits et les devoirs qu'implique cette autonomie. L'ouverture aux autres cultures et société, l'implication pour la solidarité la justice et la paix dans le monde sont des idéaux que devrait soutenir l'école, et à plus forte raison les établissements alternatifs qui se doivent d'être les pionniers de toutes initiatives dans ce domaine... Nous avons, nous adultes, la responsabilité d'engagement et d'exemple à suivre !

Comme le dit Charles Caouette, ne nous privons pas d'un geste en pensant qu'il sera trop dérisoire pour être significatif ; pensons au domino et rêvons d'être ceux par qui viendra le changement.


Écrit par: Michel Mougenot - Saint Jérôme (Québec), décembre 2003

Charles Caouette est l'auteur de « Si on parlait d'éducation. Pour un nouveau projet de société» (Montréal, VLB Éditeur, 1992.), et « Éduquer pour la vie !» Montréal, Éditions Écosociété, 1997, 171p.